Cours. La conscience est-elle seule au monde?
L'ile de la conscience.
Après avoir décrit l'homme comme un je,
nous allons faire un pas de plus et le déterminer comme un 'je pense',
comme une conscience qui se pose avec le savoir de son existence.
Son caractère absolu restait indiscutable.
Elle est cette certitude avec laquelle nous savons que rien d'autre qu'elle-même ne lui permet de se définir.
Cette certitude nous amène à évoquer le notion d'insularité pour caractériser la conscience.
Seule au monde, elle est absolue.
Elle recrée un monde à partir d'elle.
L'île désignerait la façon très particuliére d'exister de la conscience.
Elle renvoie à l'intériorité.
Invisible mais faisant ou pouvant apparaître.
Elle est loin du monde mais elle produit le monde à partir d'elle.
Par définition, elle recommence toujours de nouveau à partir d'elle-même.
Elle est une origine forcément déserte grâce à laquelle l'homme se rencontre en vérité.
Peut-être absent au monde, mais présent à lui-même.
Robinson, son unique habitant, serait le je. La relation entre lui et l'île serait la pensée. Il connaît entiérement et parfaitement sa petite île, de la même façon que le je se connaît immédiatement lui-même, en toute transparence.
Le noufrage du navire est la conversion requise pour penser la conscience, qui demande de ne plus penser l'homme comme on pense les choses matérielles, mais comme esprit.
Si Robinson est l'habitant de l'île il représentera la notion de sujet, l'île étant la modalité d'existence de la conscience. Cette solitude de l'île est idéale, mais elle ne cesse de revenir de façon insitante, il doit y avoir une ile déserte.
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Est-ce un besoin de la raison?
La preuve que que c'est son entendement qui fait l'homme?
Il s'agit dans cette réflexion de lâcher la bride progressivement à l'esprit qui se pense à partir du je suis et de rien d'autre : le monde, les autres.
Cette solitude n'est-elle pas une solitude relative?
Sartre : "On voit la raison de cet isolement, c'est tout simplement que l'ego est un objet qui ne paraît qu'à la réflexion et qui est radicalement tranché du monde".
La conscience fait intervenir au moins trois critères : le je, l'intériorité, la substantialité.
Dans la première partie de notre réflexion, la conscience comme commencement, on les étudiera conjointement ( la conscience comme chose pensante, Descartes). Dans la deuxième, on étudiera la conscience sans la substantialité, tout en maintenant le je comme un fonction qui assure la synthèse des phénoménes entre eux ( Kant). On maintiendra sa fonction tout à fait spécifique et sa place singuliére. Mais le je ne peut pas se connaître lui-même. Dans la troisième, avec Husserl, on maintiendra le je comme source radicale de donation de sens, mais on retirera l'intériorité de la conscience qui existe en étant hors d'elle-même, en se projetant dans le monde comme liberté. Dans la quatrième, on la saisira sans la notion de sujet, de substantialité, de pensée, mais on intégrera la notion d'intériorité avec la psychanalyse. L'île comporte des souterrains, elle n'est que la surface apparente d'une immense formation sous-marine qui serait l'inconscient.