Conscience III 2012

Publié le par m12345

Suffit’il d’avoir conscience pour se connaître soi-même ?

 

Ce que nous sommes est l’objet d’une fausse évidence. En même temps, je ne me connais qu’à partir de ces caractéristiques, de mon histoire, de ma biographie..Ce que je sais de moi est il trompeur ou bien révélateur ?  Certes, j’aurais pu être le même en naissant un jour avant ou un jour après, ou bien en ayant une autre langue ou bien une autre culture. Cependant, la façon dont j’appréhende ces caractéristiques de mon existence révèle certainement ce que je suis profondément. En tous cas, les détails d’une vie sont appréhendés en fonction d’un mouvement d’ensemble dont le rythme résume un geste, un acte en tout cas une vérité. Le vécu n’est pas forcément une somme de détails neutres ou bien insignifiants.

Qu’est ce que se découvrir comme sujet ? Aller à l’essentiel de soi-même.

 

I)                   La conscience comme connaissance de soi. Elle suppose une transparence à soi. Avoir conscience de soi permet de se connaître soi-même. Ce savoir de soi est immédiat, seulement il est conditionné par une approche , qui est le doute.

  a ) Du doute...

Cette démarche apparaît dans les méditations métaphysiques de Descartes et dans son Discours de la Méthode.

Descartes commence par douter de tout ce qu’il avait reçu « en sa créance » sans l’examiner sérieusement. IL CHERCHE UNE VERITE PREMIERE[10]. Sa méthode consiste à appliquer systématiquement et une seule fois en sa vie un doute  radical à toutes toutes les connaissances qu’il croit être vraies .

Il cherche à fonder la vérité du savoir en raison. Il ne sait pas encore qui il est , mais il veut s’assurer ne  pas se méprendre sur ce qu’il est.. Le doute méthodique [11]commence par porter sur les préjugés de l’enfance. Il se défait de nos plus anciennes habitudes responsables de nos préjugés. Le doute porte ensuite sur la vérité des sens[12] .Je ne suis pas celui qui croit sentir ce que ses perceptions lui font connaître. Si j’ai fait l’expérience d’une illusion d’optique, cela peut signifier que toutes mes perceptions sont fausses. Seulement, si mes perceptions ne sont pas vraies, il reste que la réalité existe. L’argument du rêve^permet de se distancer de cette croyance. Il faudrait avoir le "cerveau troublé" par les "noires vapeurs de la bile" pour ne pas distinguer le rêve de la réalité. Descartes exclut cette hypothése  de la folie avec l'argument du rêve. Les rêves nous font vivre des événements purement illusoires et qui ressemblent à s'y méprendre à des événements réels. Le doute remet en question notre croyance que la réalité existe. "Lorsque je dormais, je me ressouviens d'avoir été souvent trompé par de semblables illusions". Le doute s'amplifie et va ensuite porter sur les connaissances scientifiques. Puisque tout est  devenu illusoire, les rêves sont comparés à des tableaux de peinture. Les personnages mythologiques représentés sont fictifs, les "sirènes et les satyres ont des formes bizarres" ( Première méditation métaphysique, p.269, Pléiade), mais les éléments qui les composent ( les membres,les couleurs) ne le sont pas.Par analogie, Descartes fait voir que nos idées comportent des éléments premiers qui sont véritables. Il prend l'exemple des qualités premières, c'est à dire des déterminations géométriques et mathématiques. On ne peut en douter du fait de leur clarté et de leur simplicité. Je n 'ai ai pas créé ces vérités mathématiques mais je les crois certaines; le doute fait l'hypothése d'un Dieu "qui peut tout" pour supposer que ma croyance que la réalité est vraie est illusoire et que je me trompe "toutes les fois que je fais l'addition de deux et de trois". Il serait contraire à cette puissance qu'il veuille me tromper. Il est remplacé par un "mauvais génie" "non moins rusé et trompeur que puissant" (Pléiade, p.272) " qui a emplyé toute son industrie à me tromper". Le doute devient universel "le ciel, l'air, la terre, les couleurs, les figures, (...) ne sont que des illusionns et tromperies. Le doute a révélé qu'il est "eb mon pouvoir de suspendre mn jugement" (Pléiade, p. 272).

Ensuite, Descartes fait voir que son esprit ne peut douter qu’il existe. L’esprit se connaît parfaitement dans l’expérience qu’il fait de se connaître lui même de façon claire et distincte. Il fuit le monde extérieur pour réaliser ce qu’il est dans la plus grande solitude.

b) ...à la découverte de la conscience.

L'esprit sait maintenant ce qu'il n'est pas, il peut feindre de ne pas être un corps, de ne pas être en relation avec un monde, de ne pas posséder de connaisssances certaines. L'esprit a traversé le doute comme une épreuve qui a un but. Rencontrer "quelquechose de certain", quitte à reconnaître qu'il n' y " a rien au monde de certain". Le savoir de soi est comparé à un point fixe et assuré. L'hypothése du malin génie a fait apparaître que le seul savoir digne de de nom était le lien entre le je et la pensée . " Cette proposition "je suis, j'existe est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce" ( descartes, seconde Méditation). ce savoir  de soi est  la plus simple, il s'effectue indépendamment du corps . Le sujet est réduit à sa pure pensée. Le sujet de la pensée connaît son existence avant de savoir qui il est. "Mais qu'est-ce donc que je suis? Une chose qui pense (...)" (Pléiade, p.278).

 

II) l'insuffisance de la connaissance de soi.


Le savoir de ce que je suis est une connaissance épurée de tout ce que je croyais être et que je ne suis pas. La définition biologique de l’âme ne permet pas de répondre à cette question. Ce que je suis est un je universel qui intégre à la fois ma biographie et en même temps le dépasse. 

   

Il est impossible de prouver la simplicité de la substance pensante. Ce serait comme expliquer le sens d’un vers en décomposant  les mots les uns après les autres.

                                                                                                         

 Le je pense est une condition formelle seulement. C’est un pouvoir d’unifier toutes mes représentations, seulement il ne suffit pas à produire des objets.

Le cogito est interprété comme l’   « objet du sens interne », ( Critique de la Raison pure, p.293). Or, le temps est la forme du sens interne.  « L’identité de la personne se rencontre immanquablement dans ma conscience », mais si pour me considérer je me place au point de vue d’un autre ( qui me regarderait comme un objet de ses intuitions extérieures), je vois que cet observateur extérieur est le premier qui m’observe dans le temps’…). Quand bien même donc il admettrait le moi qui accompagne en tout temps mes représentations, …., il n’en conclurait pas encore cependant la permanence objective de moi-même. La succession des divers états du moi ne permet de conclure la notion de personnalité. La conscience de soi ne eput être l’objet d’une démonstration rigoureuse. Elle fait intervenir la forme de la conscience de soi pour se produire elle-même.

« l’aperception est quelque chose de réel, et sa simplicité est déjà impliquée dans sa possibilité. Or, il n’y a pas dans l’espace de réel qui soit simple car les points ne sont que des limites mais non quelquechose qui serve comme partie à constituer l’espace.. De là suit donc l’impossibilité d’une explication de la nature du moi, considéré comme un sujet simplement pensant, par les principes du matérialisme…j’existe pensant, cette proposition est empirique et ne peut déterminer mon existence que par rapport à mes représentations dans le temps. La conscience de soi demeure un phénomène conditionné, soumis à la succession temporelle. La conscience de soi en donne trop et trop peu d’elle même pour prétendre au statut d’une connaissance. La critique de l’idéalisme est implacable. « Il ne m’est pas possible de déterminer par cette conscience du simple moi la manière dont j’existe ….comme substance ou comme accident.

 

De là suit donc l’impossibilité d’une explication de la nature du moi, considéré comme un sujet simplement pensant, par les principes du matérialisme…

j’existe pensant, cette proposition est empirique et ne peut déterminer mon existence que par rapport à mes représentations dans le temps.

 

La conscience de soi demeure un phénomène conditionné, soumis à la succession temporelle. La conscience de soi en donne trop et trop peu d’elle même pour prétendre au statut d’une connaissance. La critique de l’idéalisme est implacable. « Il ne m’est pas possible de déterminer par cette conscience du simple moi la manière dont j’existe ….comme substance ou comme accident." (C.RP. p.305). Nous ne sommes pas loin de l'argument de Locke, selon lequel il est impossible de savoir si la substance qui nous constitue a disparu ou bien s'est transformé.

Je ne peux guére observer que le divers  en moi ' texte distribué). La conscience n'a affaire qu'à des phénoménes et non seulement à des êtres en soi. je ne vois jamais la chose, mais une certaine façon d'apparaître à un certain moment. De la même façon, je ne connais pas la conscience en général, mais un certain état à tel ou tel moment.

le texte distribué décrit un paralogisme. La "connaissance de soi-même" (l.7) est limitée à ses propres conditions d'apparition.Il indique une limite qui affecte la connaissance de soi. La conscience de soi ne fait pas intervenir l'espace, mais le temps.

C'est une limitation interne de la connaissance de soi. elle doit attendre qu'un état succéde à un autre état. La psychologie rationnelle est soumis à une double crtique. Il faut retirer le bénéfice moral de l'immortalité de l'âme, donc il ne faut pas laisser

l'hhypothése matérialiste s'imposer. Mais il faut prendre le bon côté de l'argument matérialiste pour montrer qu'on ne peut ptendre connaître la substance simple. Pour celà, il faudrait la penser en la pensant soi-même. ce que nous nommons conscience ou personne n'est que le jeu de nos concepts qui ne s'appliquent à aucune matiére sensible.Un peu plus qu'une simple idée d'identité, un peu moins qu'une saveur perçue. le je doit être un pouvoir unificateur, une foction. On constate les effets dans l'expérience, les phénoménes s'organisent réguliérement lorsque nous les percevons.

le je pense est une simple forme qui accompagne nos représentations. Ce qui conditionne ne peut en même temps être conditionné. Le sens interne est soumis à des rapports de temps.

 

 

III Le témoignage immédiat de la conscience de soi ne permettrait pas de se connaître soi-même.

 

La conscience serait la partie la plus vide et la moins signifiante de l'être humain.

 

La découverte de la psychanalyse choque. Freud s'en amuse. On aurait peur de rencontrer le mal en soi en se connaissant soi-même. C'est sans compter sur le strict dispositif de censure du psychisme humain.

 

" On apprend d'abord la psychanalyse sur son propre corps, par l'étude de sa propre personnalité"

 

(S.Freud, intro. à la psychanalyse, p.9). La technique psychanalytique fait intervenir l'autre. Impossible pour Freud de faire une démonstration directe de psychanalyse. Elle se situe dans un dialogue. autrui est le meilleur médiateur entre moi et moi même. Sinon, il ne faut pas s'attendre à des progrès infinis"

                             ( intro.à la psy., p.10).

 

Les actes conscients ne seraient que des " fraction de la vie psychique totale.(p.12).


 

Que pense freud de la conscience?


"Je taxe de préjugé une proposition aussi abstraite que celle qui affirme que le psychique est le conscient".

Les indices qui révélent que je ne me connais pas exactement moi-même, les actes manqués, les oublis... (p.14).

L'hypothése de l'inconscient va révolutionner un ensemble de pratiques par lesquelles le corps médical accompagne la folie et l'alénation. Découverte que les causes de perturbations mentales sont psychiques plus que physiques.


 La connaissance du sujet   médical demande la connaissance des causes qui créent des états morbides. Freud invite ses étudiants à se rendre sensible à des signes imperceptibles. Le sujet en proie à des symptomes d'origine psychiques ne les signalent pas haut et fort (p.17).Les symptômes psychanalytiques échappent facilement à notre observation. Les premiers médecins à observer des cas d'hystérie sont persuadés que les personnes concernées sont simplement impolies.

Les théories inspirées de l'attention n'expliquent pas bien ce qu'est l'erreur. Les désirs refoulés se traduisent par des maladresses typographiques par exemple.


"on parle volontiers dans ce cas d'un mauvais génie qui présiderait aux erreurs typographiques, du lutin de la casse typographique...." (p.21) La conscience de soi se vit au degré zéro de l'interprétation.


Ce que l'on sait de soi dépend d'une réception qui nous échappe de toute façon. Le sujet se préinterpréte en fonction de désirs bimaginaires et protecteurs. le moi serait une projection narcissique. Les moralistes ont travaillé à analyser les entrelacs infini des détours infnis de l'orguei occupé à se distraire de lui même.

 

                        "le sujet n'a pas conscience de son mal"

 

                            ( p.20, Freud, 1e leçon sur la psy.)

 

Le succés de la thérapie va dépendre de la capacité du sujet à se remémorer un souvenir "qui fait masse".

Freud pred de la distance avec Breuer. Sa théorie des états hypnoïdes n'est pas si utile. 

 

IV Conscience et société.

 

La conscience de soi ne suffit pas non plus à se bien connaître, si elle

ne fait pas intervenir l'autre conscience. Se connaître comme un autre soi-même et connaître les autres comme un autre moi-même. Qu'est ce que l'humanité si elle n'est pas cet accord avec l'autre? Nous vivons des autres, avec les autres. Nous leur devons tout. L'ilôt de la conscience paraît bien être relié à un continent humain.


Comme si un instinct social faisait que je ne peux pas me connaître plus complétement sans m'inscrire dans un groupe. Il devient le vecteur et le médiateur entre moi et moi-même.Comment le savoir? Par les sentiments simples  qui nous rattachent au groupe indirectement : l'ennui,l'admiration...

 

D'ou la possibilté de diriger des âmes en jouant sur les identifications narcissiques du sujet.)

Mais la société n'est pas seulement celle qui contraint et dirige. Elle est celle qui éclaire le sujet à travers des réseaux bde pratiques qui leui permettent de se déterminer comme individu..

 

"le commun des hommes esquisse déjà une distinction et l' a même consigné dans son langage : à côté des sens, qui nous renseignent sur les choses, il met le bon sens qui concerne nos relations avec les personnes. Comment ne pas remarquer que l'on peut être mathématicien, savant physiscien, psychologue délicat en tant que s'analysant soi-même, et pourtant comprendre de travers les actions d'autrui, mal calculer les siennes, ne jamais s'adapter à son milieu...(...) Le bon sens qu'on pourrait appeller le sens social est donc inné à l'homme normal comme la faculté de parler, qui implique également l'existence de la société..." ( Bergson Les deux sources de la morale et de la religion, p.181).

 

IV) Puis je me connaître sans autrui?

Un fait, la sympathie. Nous ne pouvos pas faire autrement que de réagir et de compatir aux malheurs de nore parochain. Les sentiments de sympathie ont une utilité sociale. Et si nous définissions l'homme comme un être vivant qui peut partager au moins l'altération


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