Est-il plus dangereux de désirer que de ne pas désirer?

Publié le par m12345

Difficile de ne pas succomber au désir de voir un accident dans la rue. Les voitures ralentissent, pire, des groupes de badeaux se forment. Ce simple exemple montre à quel point cette impulsion en nous est vertigineuse dans la mesure où elle nous destitue de notre toute-puissance présumée de sujet.

En même temps, le désir nous exprime intimement. Malheur à celui qui ne désire plus.
Il nous permet de nous dépasser, de nous rejoindre. D'autre part, la conservation de notre être, l'amour de soi, impose de ne pas renoncer à tous nos désirs.

D'où cette double nature du désir. Il nous fait échapper à la maîtrise de soi, et en même temps, il révéle une part de vérité en nous. Dans quel mesure peut-on alors assimiler le désir au mal et dans quel mesure au bien?

Dans un premier temps, nous allons voir s'il n'est pas possible de limiter nos désirs aux simples besoins pour ne pas devenir le jouet des exagérations qu'il constitue.
Dans un second temps, nous verrons comment maîtriser nos désirs à l'aide de la raison et enfin nous nous demanderons si le désir n'est pas contradictoire avec la liberté d'autrui ( Sartre).
Le fil directeur de ces remarques est probablement le corps qui est sujet de désir autant qu'objet de désir. Avoir un corps, être un corps. Il nous accompagne toute notre vie du berceau au tombeau, et non ne pensons à lui que s"il nous amène plaisir et succés à l'image des exploits sportifs, sinon il devient un fardeau. Ce corps a un style, qu'il invente en permanence et qu'il conserve dans les dangers de l'existence. Ce que nous oublions, facilement.

Selon cette remarque, demandons nous s'il est dangereux de désirer. Et surtout si il n'est pas plus dangereux de ne pas désirer en prenant le risque de ne pas respecter , comme il vient d'être dit, la nécessité de conserver notre être, ce que Rousseau appelle l'amour de soi en l'opposant à l'amour-propre.

I) Le désirs et les besoins.

 

Traditionnellement, nous constatons une critique du corps qui serait le lieu où les désirs se multiplient. Une opposition s'établit entre les plaisirs du corps et les pensées de l'âme, ces premiers viennent troubler la sérénité de la premiére.
Les plaisirs corporels ramollissent, encombrent tant ils sont nombreux.
cette distinction entre la pureté de l'esprit et l'impureté du corps est bien sûr religieuse et elle mérite une critique philosophique. Ce ne sont peut-être pas les plaisirs en eux mêmes qui sont dangereux mais l'usage raisonnable ou pas qui en est fait.

Lettre à ménécée d'Epicure.

Il est remarquable que l'éthique d'Epicure ne dissocie pas la raison et le désir, dans la mesure où il prône un usage modéré des plaisirs qui ne deviennent nuisible que dans la mesure où ils nous nuisent. Ainsi, un repas frugal saurait nous fournir un bonheur complet dans la mesure où il vient combler absolument ns besoins. Maintenant, il faut encore que ces besoins puissent être comblés et qu'il faille avoir la chance de pouvoir travailler pour obtenir alimentation, logement et habillement. Si le minimum viatal peut nous protéger des faux désirs créés par la société, encore fauxt'il n'être pas privé des simples besoins.

Il serait dangereux de mener une vie totalement déréglée car elle ménerait à la destruction de soi unquement sur la base d'une recherche du plaisir, il serait aussi dangereux de se priver de tout et de ne pas tenir compte des besoins élémentaires.


 

II) Peut on rationaliser ses désirs ?

Quel est l’objet du désir?

 

 

1) sens de la question.

Ce n’est pas une question de psycho.Elle concerne plutôt la question de la vie la meilleure

 

Peut on éviter cet état d’insatisfaction qui a lieu lorsque le sujet est déçu lors de l’obtention de l’objet du désir ? Comme élire le bon objet ?

 

2) C’est le paradoxe de Don juan.

Toujours en quête et toujours déçu. Il n’est pas satisfait lorsqu’il obtient ce qu’il voulait. Le comble

 

est qu ‘il éprouve plus  plus de plaisir lorsqu’il ne possède pas l’objet de son désir que lorsqu’il l’obtient.

 

 

 

Il repose sur une dissociation entre la jouissance et la réjouissance. Ou bien D. J. jouit sans se réjouir ou bien il se réjouit sans en jouir.


3) Comment sortir de ce cercle? 

 

Ainsi, la philosophie d’Aristote nous fait remarquer  que tout le monde souhaite être heureux.

Cela lui permet d ‘écrire qu’il doit exister un Souverain Bien, un objet  suprême du désir.
A ce titre, ce souverain bien constituerait une satisfavction indiscutable et certaine.

Mais Aristote est obligé de reconnaître que tout le monde n’est pas forcément d’accord avec la définition à donner à ce souverain bien.


a) la majorité chercherait une vie consacrée au plaisir.

 

Avantages : caractère immédiat, accessible du plaisir la satisfaction est présente.

 

 

 

Désavantage : l’objet du désir peut prendre une importance démesurée. Une partie du corps prend une importance démesurée et cela crée une vie déséquilibrée.

 

b) une minorité recherche une vie consacrée aux honneurs, à la bonne réputation. C’est l’idéal d’une vie aristocratique.

 

Avantages : c’est un plaisir rare , distingué. Il s’accompagne de vertu, car il demande un effort. Un sacrifice de ses plaisirs immédiat est attendu au profit du bien commun.

 

Mais, la réputation nous fait dépendre du regard des autres. Elle fait vivre dans l’apparence et nous fait craindre des choses qui ne dépendent pas de nous.

 

 

c)le  sage choisirait une  vie consacrée à la contemplation..

La vie contemplative s'oppose à la vie biolobique, car la première est à elle-même son propre but, elle est à la fois le moyen et le but . A ce titre, elle est la plus utile.

L’existence humaine comporte une part de vie biologique qui doit être respectée. Ainsi, les divertissements, les habits, les propos « faciles » contribuent au plaisir de vivre et ne sont pas négatifs.

 Mais en même temps, pour aristote, l’intellect humain lui confère une part s’immortalité. La contemplation est la seule activité qui trouve sa fin en elle même.

   

Les autres activités humaines ne sont pas forcément méprisables, mais elles sont secondaires. Elles ne se visent pas elles mêmes. Par exemple, l’argent est un moyen en vue d’autre choses que lui même.


En même temps, cet idéal est difficilemement  accessible, dans la mesure où il représente une intelligence pure qui se pense elle_même et prend un plaisir infini à le faire. La sagesse est difficilement accessible.

La supériorité de la vie contemplative est qu’elle se suffit à elle même.


4)
Les désirs ne doivent pas être « jugés », mais compris 

transition : comment comprendre les désirs sans pour autant faire référence à une norme sur-humaine?

Comment l'individu peut-il concilier les désirs en lui avec sa vérité?
Un déplacement du sens du problème s'impose. Nous avions pris l'habitude de penser la raison comme comme ce qui doit maîtriser les désirs pour neutaliser leur force de décentrement. Or, le prix à payer pour ce faire n' pas été correctement évalué puisqu'il implique a) de rendre l'homme étrangers à ses désirs et de lui octroyer une position de surplomb par rapport à une partie essentielle de lui-même.

Ce surplomb se caractérise par un jugement de valeur, c'est à dire une considération dépréciative qui dissimule en fait une ignorance de notre place dans la nature.

a) La plainte. ( cf texte de Deleuze, fin du manuel).

Décrivons la plainte, ce discours qui revient même lorsque l'objet de l'insatisfaction disparaît. Il exprime un désir d'amélioration, mais plus on se plaint, plus on se plaint. Se plaindre affaiblit et au final, on se plaint de se plaindre. La plainte est un discours tendancieux, car il nous fait préférer ce qui devrait être à ce qui est. Finalement, c'est un discours qui dévalue ce qui est.
Or, le temps passé à se plaindre est du temps volé à l'effort qui nous aménerait à vivre mieux et plus intensément.
La plainte regrette ce qui a eu lieu, mais elle ne prend pas conscience que peut être rien n'a été fait pour libérer des intensités d'action en composant avec les occasions que chaque situation pouvait présenter. 

b) le désir comme activité.

Il n'y a pas lieu de blâmer les désirs, car les mêmes désirs qui conduisent à la plénitude sont ceux là qui conduisent à l'insatisfaction, out dépendant de la façon dont ils ont été vécus, c'est à dire accompagnés ou bien déniés.

Le désir est l'activité principale de l'homme. Il est cet effort qui consiste à persévérer dans son être. L'appétit est le désir qui n'est pas accompagné de la conscienc de lui-m^me. La volonté est le désir vu eulement du point de vue de l'esprit.

Conscient ou non, le désir est cette activité , cet effort pour persévérer dans son être, qui définit tout être. Définir l'homme apr le désir, c'est déjà lui refuser toute définition préalable, le désir est par définition singulier. 

La question  n'est pas de savoir si les desirs sont l'ennemi de la raison. La question est de restituer aux désirs leur puissance pour qu'un  usage décalé ou bien inadéquat ne crée pas au final un désir qui a rebours ne traduit qu'une haine de soi, qui se dissimule à son tour en haine des autres. 


c) Désir et jugement de valeur.

Ce qui est sûr, c'est que la non prise en compte de la définition du désir conduit à de l'incompréhension. Le désir précède la conscience. L'individu découvre l'objet de son désir souvent après les autres.

La notion du désir nous conduit à penser ques les choses n'ont pas une valeur pour elles_m^mes, en dehors de celles que nous lui attribuons en fonction de ce qui est utile à notre nature.

Ce n'est pas  parce qu'elle est bonne que je désire une chose, mais c'est parce que je la désire qu'elle est bonne. 

Le jugement de valeur traduit une ignorance de notre part concernant la cause qui produit les choses. L'origine de de ce jugement de valeur se trouve dans la toute puissance que nous accordons à notre volonté. Nous avons l'illusion qu'elle est libre de commencer ou d'interrompre ce qui bon lui semble.

Or cette illusion de la liberté est en fait l'ignorance du processus nécessaire qui anime l'ensemble de la nature. Or c'est la même nécessité qui anime les affects qui conduisent au bonheur que les affects qui créent de l'insatisfaction.

C'est en idéalisant l'homme que nous en venons à mépriser les individus réels. Les désirs constituent l'essentiel de l'homme. Ils ne sont étrangers à la raison, au contraire, ils prennent de la puissance s'ils sont vécus de telle sorte qu'ils procédent d'une affirmation de ce qu'ils sont et non d'une négation et d'une limitation.

cette approche est éclairante dans la mesure où elle fait apparaître une logique propre aux désirs.

Mais peut on renoncer à la liberté de la volonté, au nom de laquelle on regrette ce que l'on fait?  

III] Conscience désir et liberté.

Nous avons vu que le désir n'était pas en lui-même un danger pour la raison dans la mesure où il était pensé en terme d'une nécessité naturelle qui inscrit l'homme dans la dimension quotidienne où ses désirs s'affirment.
En m^me temps, l'homme n'est pas seul et nous n'avons peut-être pas assez insisté sur cette caractéristique du désir qui consiste à être une expérience confrontant deux consciences.
Le problème est que le désir est pensé exclusivement du point de vue du sujet. Or, pour que le discours puisse rendre raison de cette expérience, il faudrait partir du point de vue de l'autre conscience, c'est un point de vue inaccessible pour nous.
L'autre est le médiateur indispensable entre moi et moi-m^me, mais je ne peux faire à sa place l'expérience vive qu'il fait de sa liberté. L'autre est un corps qui st du désire manifeste per des signes. Mais la dimension du désir ne peut être entiérement objectivée.Le désir est défini par sartre comme un moment non-positionnel de la conscience. Comparable plus à une ambiance, une atmosphère qu'à une chose que l'on posséde et qui nous communique quelquechose de sa puissance ou bien de sa beauté.Cette analyse cerne le phénomène du désir qui fait appraître un type tout spécial de visée de l'objet du désir. Il est flou et il ne peut facilement s'individualiser par rapport à son cadre.
La question se pose alors de savoir de qui y a t'il désir ?
De soi-même, de sa propre puissance projetée sur l'autre? 
 Ou bien de l'autre lui m^me.
Mais le problème de l'homme est qu'il désire désirer, c'est à dire que l'amour comporte un moment ou le sujet se reconnait à travers l'autre sujet. Il " veut être aimé". Mais il désire pas l'asservissement de l'autre.
Il veut l(autre en tant que liberté. Mais si cette liberté se manifestait par un simple consentement, quelque chose de volontaire, l'autre serait aussi libre de ne pas aimer. Il faut à l'amoureux une liberté qui s"encaîne elle-m^me.
L'amour, ne soyons pas pour autant défaitiste, est le lieu d'une demande impossible où il est demande à l'autre d'être et de n'être pas ce qu'il est.
Le désir peut -il être pensé sans qu'il intervienne une dimension de liberté et de subjectivité?
Toujours, l'autre va donner une réponse ambivalente à une demande légitime peut-être mais injustifiable certainement, à savoir une demande à la fois de justification et spontaneité. La rencontre avec l'autre se doit d'être motivée par un supplément qui dépasse le libre chois, à la rigueur indifférent, et par une liberté sans quoi le sujet du désir serait seul avec se demande.
















 

 

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Publié dans désir

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