la liberté-intro GM
la liberté
Est-ce que la liberté est une puissance qui se déchaîne dans la réalité ou une idée qui n’est pas de ce monde et qui en exprime l’essentiel ?
Pour le sens commun, être libre, c’est ne pas être empêché d’accomplir un mouvement au cours duquel nous accomplissons une potentialité.
Ce qui le confirme, les niveaux innombrables et successifs d’intensité de ces mouvements. Depuis la bactérie jusqu’à la locomotion de l’enfant. Un niveau supérieur se rejoint lui-même sur la base d’une levée des résistances qui empêchaient d’y accéder.
Cette interprétation met l’accent sur la notion de force et d’accroissement. Elle est la preuve sensible ( le signe, le symptôme) qu’un être accomplit sa destination.
Mais comment se satisfaire d’une définition de la liberté qui implique un devenir, un flux. La vraie liberté ne correspond pas à une notion ferme, finie, fixe ?
Or, on peut revenir à une notion plus ancienne de la liberté définie comme autonomie. Etre libre, c'est ne dépendre que de soi-même. Or cette forme d'indépendance ne se manifeste pas dans l'expérience. Tout provient de tout et il faudrait désespérer pour trouver un commencement radical. Une liberté qui ne soit pas une conséquence ou une dépendance d'autre chose qu'elle-même.
LA liberté est une notion qui répond à deux interprétations différentes. Selon la première, être libre c'est ne pas connaître d'obstacle.
Selon la seconde, c'est être soi-même, mais sans rentrer dans un rapport de force où on s'impose à l'autre pour ne pas se faire écraser par ce dernier.
Etre libre; ce serait agir en prenant pour règle l'idée d'un être absolu, qui ne dépend que de lui-même.
Mais avant d'affirmer dogmatiquement cette nécrssité, noous devons mettre à l'épreuve la notion de liberté de secteurs du réel forcémént multiples.
En quoi le réel donne raison au sens commun?
I] LA LIBERTE COMME ABSENCE D' OBSTACLE.
1) la liberté au sens naturel.
Si on compare la nature et la technique, on remarquera d'emblée que ce que fait l'ouvrier avec effort, la nature le produit spontanément. D'où une supériorité de la première sur la seconde, même si la seconde permet finalement de comprendre la première en la simplifiant.
La nature est le lieu où se manifeste la force par laquelle un être exerce la fonction qui lui correpond. Si la luminosité est correcte, l'oeil peut exercer sa fonction qui est la vision.
Cette puissance naturelle advient lorsqu'un être devient ce qu'il est. Un torrent s' écoule le long d'une montagne et c'est une potentialité qui s'accomplit. Certes, la nature produit des monstres, des ratés si on les compare à ce qu'ils devaient être.
Mais pour l'instant, précisons que cette liberté s'accomplit dans une innocence où seule impose la puissance qui se développe.
a) définition de la vie.
L'être vivant se définit comme celui qui résiste à son milieu. Bichat (physiologiste du xix siècle) définissait la vie comme "l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort".
Remarquons que la couleur des insectes, la forme de leurs ailes sont autant de façons de se dissimuler dans un milieu pour échapper aux prédateurs. La liberté de l'individu biologique se réalise lorsqu'il affirme sa singularité dans un certain contexte ( cette thèse n'est pas sans rappeller celle de l'agressivité pour Adler).
L'expérience de la vie montre que, depuis la cellule qui filtre quelquechose de son milieu jusqu'à l'enfant qui découvre la marche, il existe une infinité de niveaux différents de la liberté.
Plus un individu est libre, plus il réagit contre son milieu et en même temps en produt un qui soit le sien. On pourrait penser que la tique est pauvre en monde, mais elle fera de sa proie son nouveau milieu, trouvant sa liberté dans une forme de prédation. La tique se libère de ses contraintes en devenant une contrainte pour un autre individu qu'elle parasite.
Une espèce vivante ne saurait s'affirmer ou dépérir qu'au détriment ou bien au profit d'une autre.
Ainsi, ce qu'on pensait être une affirmation de soi est au contraire une protection de soi.