texte de Hume . Le sujet. Traité de la nature humaine, livre1, IV,VI

Publié le par m12345

GF-Flammarion, p.344.
"Pour moi, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, je tombe toujours sur une perception particulière ou sur une autre de chaleur et de froid, de lumière ou d'ombre d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir.
Je ne parviens jamais à me saisir moi-même sans une perception et je ne peux jamais observer rien d'autre que la perception. (...)les autres hommes ne sont qu'un faisceau ou une collection de perceptions différentes, qui se succédent avec une rapidité incroyable et sont dans un flux et un mouvement perpétuels. (...)L'esprit est une sorte de théâtre, où des perceptions diverses font successivement leur entrée, passent, repassent et s'esquivent et se mêlent en une variété infinie de situations et et de positions. Il n' ya pas en lui à proprement parler de simplicité à un moment donné, ni d'identité à différents moments, quelque tendance naturelleque nous puissions avoir à imaginer cette simplicité et cette identité.
(...)Qu'est-ce donc qui nous donne une si grande tendance à attribuer une identité à ces perceptions successives et à supposer que nous possédons une existence invariable et ininterrompue pendant tout le cours de notre vie?

 

Vers la fin de l' enquête sur la nature humaine, un chapitre consacré à l'identité personnelle, remet en question le prétendu sentiment du moi,

à partir d'une distinction entre la ressemblance et la mêmeté.

 

Certes, Locke a raison d'établir un lien entre le sujet et la mémoire. Son mérite est de mettre à distance la définition du sujet à partir de la notion de substance pensante. Il a bien fait de distinguer la question "est-ce la même substance qui pense" de la question de savoir ce qui fait qu'un individu reste la même personne à travers le temps.

Mais Hume précise que la mémoire ne fait que révéler l'idée du sujet mais ne garantit pas qu'il existe.

La critique de Hume est radicale. L'expérience sur laquelle Locke s'appuie, celle de la mémoire, de ses discontinuités et ses continuités, n'offre pas le démenti attendu aux généralités métaphysiques mises à distance. Elle n'offre et ne saurait le faire une bonne définition du sjet. Elle ne montre rien.

L'idée du moi ne correspond à rien qui existe. La succession entre les idées est trop rapide pour qu'on puisse l'observer. Mais une tendance naturelle à l'esprit consiste à imaginer une ressemblance, sur la base de deux principes d'association : la ressemblance et la causalité, la contiguité n'intervient pas ici.

L'observation directe de nous même ne nous donne rien à voir d'une continuité de notre sujet à travers ses souvenirs rattachés au moment présent.

Penser le sujet avec l'imagination, c'est montrer que le mot je ne garantit que nos états menaux qui y correspondent renvoient eux-mêmes à quelquechose qui existe réellement.

 

 

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