textes et notes sur le sujet

Publié le par m12345

Le sujet, ce qui se définit en se posant à partir de soi-même. Mais une antinomie apparaît. Le monde et la totalité des choses était déjà là avant lui. L'unité radicale, la complétude qui le caractérise semble être remise en question. les deux théses renvoient l'une à l'autre.


Avant-propos. ( joëlle Proust)
 
 Lecture 'analytique' de la phrase " connais-toi toi-même".

Qu'est ce qui garantit que l'expression "soi-même" renvoie bien au sujet?
Il y a une évidence appaente du je, mais les cas cliniques de dissociation de la personnalité attestent qu'il peut être remis en question. Par exemple, les cas des personnalités multiples, les cas de dépression morbide : " je suis mort",...
Est- ce que c'est le corps qui fait la personne?
Est ce que c'est le cerveau?
Est- ce que c'est l'expérience directe du soi?
Est-ce la proprioception?
Un élément de solution : ce serait la mémoire. Elle n'est pas cause de ce qu'est le sujet, mais les altérations de la mémoire montrent que la connaissnce de soi n'est pas évidente. Elle instaure une continuité dans la discontinuité et une discontinuité dans la continuité, qui permet l'action et l'adaptation aux situations futures.



Plan du cours. Introduction.

a)

 Attention, en préalable,  à ne pas penser le sujet de façon inspirée par le thème lui-même. Il s'agit de définir l'essence de l'homme, ce qui est ambitieux et général. Elle se dissimule derrière les apparences. La question sera plutôt de savoir ce que nous avons oublié qu'il est.
Il est une personne. Il se reconnaît à ses traits de caractère, qui font qu'on le reconnaît à travers des situations différentes. Encore faut il reconnaître que derrière ces traits de caractères se cache le véritable moi qui apparaît lorsqu'il s'éprouve au contact de l'expérience.
Mais ces caractéristiques ne font pas de l'homme un être qui est identifiable comme une chose. L'homme est esprit et non corps. Il convient de préciser cette généralité. L'esprit se dit comme un je.
Il ne suffit pas de dire je pour être un je. Il faut être une personne, qui est est responsable de ses actes. Une chose reste la même à travers ses changements dans le temps. On peut remplacer les composants d'un outil, il reste le même outil. L'homme est sujet dans la mesure où il tient sa promesse, ou son projet fondamental.
La constance dans l'amitié est une attitude permanente à travers une série de changements. La permanence dans son attitude face au futur atteste que l'homme est sujet ( Selbstandigkeit).
L'homme est sujet, dans la mesure où il se dépasse lui-même pour renouer avec soi.

( remarque à méditer "dans les coins"  : le problème de la notion de personne est que cette mêmeté qualifie la permanence d'un caractère à travers le temps, mais elle peut concerner aussi bien une choses que l'identité d'un sujet. On pourrait penser que l'identité est chosique' et identité personnelle s'opposent radicalement. Mais ce n'est pas aussi facile. Elles se chevauchent et nous pensons l'autre à partir de l'une. Celà est inévitable, déslors que l'esprit n'est plus défini comme une substance métaphysique permanente).

De façon plus classique, l'homme a été déterminé comme une personne, du fait d'un caractère intelligible qui lui confère une valeur absolue, infinie, en tant qu'il est un être libre. A ce titre, il est toujours capable de se déterminer lui-même. A titre de créature libre, il est digne de respect. Il n'a pas un prix comme les choses.

 b)
 Plus techniquement, le je  désigne ce pôle, cette dimension qui en l'homme accompagne toujours les pensées.

Le "je pense doit nécessairement accompagner toutes mes représentations."

 Il ne saurait y avoir de pensées "anonymes" qui ne se rapportent pas à un je. Le je est une puissance unificatrice de toute pensée possible.

I) Le moi.

a) La psychologie et la psychanalyse ont l'ambition d'apporter une détermination du sujet réel, tel qu'il est pris dans le déroulement de sa vie. L'identification se fait à travers un mouvement  progressif qui intègre un nombre croissant de modéles.

Cette approche intéressante nous éloigne en partie du problème philosophique du sujet, mais elle a l'avantage de montrer que  les mêmes modèles qui permettennt au moi de s'édifier l'aliènent en lui faisnt intérioriser des modèles qui n'ont pas été choisis. 


La psychologie a insisté sur le caractère génétique du développement du moi. Avant de naître, l'enfant existe déjà comme un sujet, ses parents en parlent et l'imaginent.Si on étudie l'homme en fonction de son développement, l'enfant grandit en faisant alterner des étapes de stagnation et des étapes de crise dans les quelles il ne se reconnaît plus.

Le sujet commence à se constituer trés progressivement. Le nourrisson apprend à délimiter l'espace autout de lui.
Plus tard, l'enfant apprend à reconnaître son image dans un miroir.

Le je apparaît lorsque l'enfant se situe dans l'espace, il identifie son corps comme une chose parmi les choses. En même temps, i.l fait coincider la sensation intérieure de son corps avec la localisation de ce dernier (objectivation et appropriation).

Par la suite, l'identité corporelle se complexifie en devenant une identité sexuelle.


L'identité de l'individu se forme en réponse à la présence du corps maternel. Le nourrisson en est à la fois indépendant et dépendant.
L'affirmation de soi a pu être décrite à travers 3 étapes  : le sourire qui est à la fois une réponse à l'entourage et un signe de bien-être intérieur, ,l'angoisse face aux étrangers du 8e mois qui est le signe que l'enfant a identifié ses parents proches, le non des deux ans. Avec lui, l'enfant se pose en s'opposant dés la deuxiéme année. Il se perçoit comme sujet autonome.
C'est vers 7.8 ans que l'enfant se décentre par rappport à son modéle familial le plus proche et qu'il peut se mettre à la place d'autrui. Il est ainsi constitué comme une personne
La formation du moi se construit à partir des images qui viennet du monde extérieur

L'identification se construit sur un rapport d'oposition et d'assimilation, d'ouverture et de fermeture.

II) Faut'il admettre sans examen l'identité du sujet?

a) les différents niveaux  de l'identité.
Le sens le plus simple est d'occuper un lieu unique dans l'espace et dans le temps.

Deux choses sont différents en ce qu'ils sont situés différemment.

Un être vivant est plus complexe, c'est un être qui est unifié par un principe d'organisation qui le structure.

Le niveau supérieur de l'identité est celui du soi, de la personne. En ce sens, il se caractérise par la conscience de soi et par la mémoire. Ce soi se construit, s'affirme, se revendique. Il peut s'attribuer tout ce qui lui arrive.

L'identité du sujet n'est plus garantie par un principe métaphysique qui serait la notion d'âme. Il s'ensuite des paradoxes spectaculaire. Ou bien un seul idividu regroupe plusieurs personnes, ou bien une personne regroupe plusieurs individus, ou bien une seule ame pour une multitude de personnes.

Ces possibilités d'inadéquation entre le moi et la personne peuvent poser un problème juridique. Comment juger une personne atteinte de folie passagère ou bien sujette à l'ivresse?


b) l'imagination relie nos états de conscience et dissimule les changements constants et imperceptibles qui se font en nous. Texte de Hume

III) Repenser le sujet à la lumière de l'expérience vécue (Merleau-ponty).

 La notion de sujet dans la philosophie classique suppose qu'il est un pôle qui doit en permanence accompagner mes représentations. Le je pense doit accompagner mes représentations. Il est un sujet auquel se relie un objet. Cette bi-polarité mérite d'être interrogée à la lumière de la description de l'expérience vécue.

Il est vrai que les apparences des phénomènes n'apparaissent pas de façon désordonnée. Elles sont coordonnées par rapport à un sujet qui en est le centre, le point zéro. Le sujet est le référentiel constant de objets perçus. Il est
une fonction d'après laquelle tout se déploie en ordre.
En meme temps, cette définition du sujet comme pôle de référence vaut pour la science. Sans être contradictoire, elle est susceptible de recevoir une élaboration différente. Mettons que le sujet soit un terme qui est plus flou ou moins délimité que ce qui paraît, tout en étant ce qui s'oppose et constitue l'objet.

Pour commencer, le sujet est un sujet vécu, expérimenté à un niveau infra-conceptuel. Il s'expérimente lui-même à partir de comme réseaux de sensations qui sont distincts tout en communiquant.



Lorsque j'essaie de percevoir le sujet que je suis, j'éprouve l'ombre ou le contour de ma présence physique. Je perçois mes sourcils mais je ne peux voir mes yeux. Je perçois l'extrémité de mes membres, donc j'éprouve mon corps en partie comme un objet sans pouvoir faire en sorte que les parties de mon corps perçues s'identifient aux objets.
Elles restent une partie de moi. Le sujet est plus qu'un pôle, il est une ouverture, une direction qui relie deux termes qui empiètent l'un sur l'autre tout en se distinguant.

Je ne connais pas mon sujet directement non plus, je l'éprouve à partir de son inscription dans un milieu et à partir duquel je le rencontre.
Dans le champ de la sensation, je rencontre le sujet à partir d'un contact avec le corps d'autrui au cours duquel je ne peux pas décider si c'est moi qui serre la main d'autrui ou si c'est autrui qui serre la mienne.

IV) Qu'entend t'on par "la mort de l'homme", est-ce la disparition du sujet? Est-ce une façon de parler " à la mode"?

1. Le projet de foucault se rattache à une archéologie du sujet. Le mot sujet et la notion traditionnelle qui y correspond serait une coquille vide, il faudrait davantage parler de sa fonction  que de son sens. Son vrai sens consiste à établir et légitimer une distinction entre la folie et la raison. Cette distinction s'est imposée à l époque moderne de façon aussi invicible qu'invisible.
C'est à l'époque ou on enferme les fous  (au XVIIe)que la notion de sujet commence à définir un homme sain de raison. Il est capable de s'inscrire dans un ordre, alors que le fou ne posséde pas de place assignable.

Cette réflexion sur la notion de sujet sera reprise comme sujet de la sexualité. Il s'agit de montrer que la notion de désir n'est pas intemporelle et de penser différemment le statut étrange d'un sujet de la sexualité. Cette notion apparaît à la fin du XIX e siècle, et pour la penser Foucault dresse son archéologie en remontant à l'antique notion du souci de Soi.  (Alcibiade)


a) une approche déconstructrice. A l'époque moderne, un partage invisible et général s'opère entre les fous et les hommes normaux. Il va produire socialement la notion de sujet, un individu qui a une consistance rassurante. Or, cette notion de sujet n'est pas éternelle, est le produit d'une époque qui a un début et qui a une fin.

Le je de Descartes peut historiquement apparaître, car dans un même geste les fous sont enfermé. S'il peut y avoir un je, c'est par référence à la folie qui elle nie toute forme d'individualité.
Il importe de ne plus définir le sujet en se situant dans le registre des idées pures, mais dans celui de la société réelle.
D'après michel foucault, il serait illusoire de parler  du sujet de façon abstraite.
Le sujet se définit essentiellement par l'ensemble des relations qu'il entretient avec les autres sujets.

C'est un sujet en devenir. Il n'a pas le  sentiment immédiat de ce qu'il est.
Sa fonction essentielle est d'établir une différence fixe, assignable entre la folie et la raison.
Il y avait une forme de sagesse dans la folie, le fou du roi, qui dit les choses telles quelles sont.
Le sujet est moins une notion qu'une fonction qui consiste à repousser la folie hors des frontières de la raison.

V) Le sujet et le désir.

Avec le sujet, nous étions habitués à une notion qui implique une certaine  complétude, une certaine autonomie, une simplicité certaine. Le moi est le centre de la persone humaine, son centre de gravité.

une révolution s'opère dans la compréhension de l'homme. Elle va décentrer l'homme comme sujet. Cette définition post-contemporaine de l'homme va détourner profondément la signification de la notion de sujet.

L'homme va être défini principalement en fonction de limitations fondamentales qui lui permettent (tout en ne lui permettant pas) de s'atteindre et de se réaliser comme sujet.

La notion du sujet devient celle d'un être :  
1) qui se définit par le désir ( à distinguer du besoin).

2) par un objet de désir qui se situe dans un plan imaginaire : cet être est la part manquante, un objet vituel. Or par définition, cet objet de désir échappe au sujet. celui-ci ne peut le rejoindre qu'en se niant.

3) Ce sujet fait symboliquement intervenir une "castration".
Le sujet ne peut accomplir son désir qu'en étant reconnu par l'autre du désir. Or, le sujet a été reconnu dès son enfance par une autorité qui exprime un interdit, le "nom du père".
La même contrainte qui va contre le désir est en même temps ce qui lui permet d'exister. 

4) par la nécessité d'avoir recours aux mots pour signifier à l'Autre en quoi consiste l'objet de son désir. Or, le langage qui exprime une demande constitue bel et bien une limitation. La demande peut être refusée, voire incomprise.
Le recours au langage place le sujet dans une situation de limitation fondamentale.

Le sujet va exprimer son désir en fonction de ce qu'il imagine relativement à la capacité de l'autre à satisfaire ce désir. oR LE SUJET ne peut que mésinterpréter le rapport de l'autre à son désir, car il l'imagine à partir de son désir.


5) par l'angoisse de la mort 
Débat. La radicalité de la compréhension psychanalytique du sujet. Un texte d'un praticien.

"Sartre ne voit pas que, dans le désir que j’éprouve pour un autre, ce qui m’intéresse, c’est son manque et non sa conscience. Réciproquement, le désir de l’autre pour moi ne s’adresse pas à ma conscience, mais à mon être, me met en question, m’interroge comme cause de son désir. Que suis-je pour susciter son désir ? Je ne sais pas quel objet je suis pour son désir. Dans ses formules sur la confrontation des consciences, Sartre est victime des illusions de l’imaginaire. Il voit dans l’autre un semblable, une autre conscience qui fonctionne exactement comme la sienne. Il ne voit pas dans l’autre la présence fondamentale d’un désir inconscient. Pour Lacan, l’Autre est là comme inconscience constituée comme telle. L’Autre – qu’il écrit avec un A majuscule - est en moi ; c’est une figure refoulée, et non le rival réel et conscient. Ce n’est pas l’autre auquel je pourrais m’identifier, l’autre semblable que Lacan écrit « petit autre », mais un autre essentiellement autre dont l’altérité est irréductible.

Par exemple, lorsque Sartre décrit l’évanouissement comme conduite de mauvaise foi, il y voit une façon de se soustraire au monde ; je m’évanouis pour me soustraire au regard d’autrui. Je perçois autrui comme une autre conscience identique à la mienne, et je perds conscience pour échapper à la conscience d’autrui. Pour Lacan, l’évanouissement est un passage à l’acte, compréhensible uniquement à l’intérieur du sujet. Celui qui s’évanouit ne se soustrait pas au regard de l’autre : il se soustrait à sa propre subjectivité. Autre exemple : Sartre rapporte dans La Nausée des scènes dans lesquelles un personnage est confronté au désir d’un autre, comme la fillette séduite par un exhibitionniste dans un jardin public, comme le jeune garçon séduit par l’Autodidacte dans une bibliothèque ; il décrit fort bien le regard horrifié des victimes lorsqu’elles sont en proie au désir d’un autre, mais il décrit ce regard sans y reconnaître le propre de l’angoisse.

 

Sartre a finalement réduit l’énigme de l’angoisse à un problème de connaissance "

 








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