raison et plaisir. Notes pour un cours sur l'art. Montesquieu.
Pour Montesquieu, la beauté ne résulte pas d'une caractéristique des choses, mais d'une modification des états de notre sensibilité. Ce qui est une mutation moderne du discours sur l'art. une révolution copernicienne, mais qui se fait progressivement. .
L'essai sur le goût en propose une définition qui ne comporte pas de jugement de valeur. Il ne s'agit pas de dire ce qui est beau et ce qui est laid, mais de préciser que le goût résulte d'un rapport de convenance et de mesure entre le sujet et l'objet,ce qui est nécessaire pour que le plaisir pris à la rencontre avec l'oeuvre -d'art soit maximisé.
Il faut partir des goûts tels qu'ils existent, pour les corriger ou bien pour les amplifier, sachant que le plaisir pris à l'oeuvre d'art est un fait de départ.
Le dictionnaire philosophique de Voltaire précise que le gôut provient du champ de l'expérience culinaire. Un homme de goût a la capacité d'apprécier la richesse des saveurs d'un plat. La grossiéreté se limite à une appréciation sommaire. Le goût esthéique correspond à une appréciation supérieure. Peut-on parler d'un art ou d'une science du goût?
L'homme de goût a un jugement sûr. Il peut distinguer entre une toile de maître et un tableau médiocre. Il sait apprécier l'heureuse composition et mariage de deux influences qui se rencontrent dans une oeuvre d'art. Quel est l'équilibre le plus harmonieux?.
Certes, l'homme de gôut aura ses préjugés. Montesquieu sera prévenu contre la complexité de l'influence gothique. Mais la fréquentation assidue et longue des oeuvres d'art lui fournit un musée imaginaire grâce auquel il peut situer exactement les oeuvres d'art rencontrées.
Montesquieu prend place dans un débat classique. Pour lui, l'art est d'abord question de sensibilité et ensuite de règles.
La forme des oeuvres d'art est finalement relative à notre constitution corporelle (qui est arbitraire). Nous aurions pu être différents et celà aurait modifié notre rapport à l'art . Mais les règles sont nécessaires pour la création artistiques. Une convenance fait que certains thémes doivent être adaptés à la forme d'expréssion adoptée.
Le jugement esthétique est ainsi affaire de raison.
Mais le grand artiste se doit de savoir trahir la règle qui est forcément fausse car trop générale. Chaque oeuvre d'art constitue un cas particulier qui ferait mentir la règle. C'est l'exception qui confirme la règle. Un bras étendu ne saurait être représenté comme un bras relié, sinon il paraîtrait trop long.
art 2. Montesquieu essai sur le goût.
Les plaisirs de l’âme.
p.11, par.1.
L’énumération fait apparaître une idée très précise de la raison : « le plaisir d’embrasser tout d’une idée générale ».
Ces plaisirs expriment la puissance de la raison. p.98 (Rivages), remarque de Starobinsky.
Puissance de la raison à apercevoir les différentes parties d’un paysage. A la fois, une vision qui englobe une intuition spontanée et une succession des causes dans le temps. Chaque détail du paysage s’intègre de lui-même dans un ensemble. L’ordre démonstratif de la raison va dans le même sens que celui du plaisir esthétique. C’est le plaisir de trouver un ordre et un fil directeur dans un ensemble qui admet une interruption.
Montesquieu concilie en même temps l’aspect "fragmentaire et désordonné ", disons varié , de l’expérience esthétique et en même temps , il fait apparaître un ordre.
La caractéristique de l'oeuvre d'art est de surprendre le spectateur. Un jeu entre imagination et raison s'établit. L'oeuvre d'art donne à voir quelquechose et puis montre autre chose. Elle réserve au spectateur le plaisir de voir plus qu'il n'avait de prime abord imaginé. En elle, la raison et le désir s'articulent. Elle done envie de découvrir une partie d'elle à partir d'une autre partie.
La nature ne se copie pas, mais "l'art se ressemble toujours". Il ne s'agit pas de penser l'oeuvre d'art comme la reduplication d'une perfection naturelle, mais comme l'occasion de nous donner à voir plus que ce que la nature offre habituellemnet au regard quotidien.
L'oeuvre d'art offre à notre âme l'occasion d'établir des relations. Penser, c'est apercevoir. Définitio qui reste intellectualiste, mais qui raméne l'exercice de la raison au nveau du sensible, ce qui est l'enjeu de la notion d'art.