Lecture d'aristote Ethique à nicomaque. ch I
Chapitre I
considérations générales sur le bonheur, c'est à dire indépendantes de la lecture directe de l'oeuvre.
Le bonheur n'arrive pas par hasard, mais cependant il faut un certain "coup de pouce". S'en remettre au hasard serait irresponsable; L'essentiel est de s'habituer à une attitude qui permette d'accomplir son naturel selon la droite raison.Le sens commun pense que le bonheur est par définition illimité. Mais il vaut peut-être mieux s'habituer à le considérer comme "fini", parfait accompli, s'il est vrai qu'il n'est pas besoin d'en demander plus qu'il n'y en a quand on l'a. Au contraire, il n'y a pas de limite aux malheurs,ce que le sens commun ne se figure pas forcément.
Un malheur n'arrive jamais seul, mais un instant de bonheur est un instant unique, délimité, accompli, susceptible d'être discerné. Le sens commun penserait au contraire qu'il n'y a jamais assez de bonheur, et que les malheurs doivent être tout simplement niés, comme s'ils n'existaient pas.
Or le sage est celui qui sait qu'il lui suffit d'éviter les malheurs et de se contenter de bonheurs simples. Le moment opportun doit être saisi au vol. Il est nécessaire de philosopher sur le bonheur pour ne pas laisser passer ce moment opportun et pour le reconnaître.
Quel est le popre du bonheur? Il n'est de bonheur que directement vécu. Si l'honneur est un bonheur plus raffiné que les plaisirs vulgaires, l'honneur est quand même moins pur que la vertu dans la mesure où il dépend du regard extérieur. L'idée est que notre bonheur ne doit dépendre que de nous même et non pas de quelque chose d'extérieur à nous. Sinon, il y aurait une contradiction entre sagesse et bonheur.
Ainsi ( ch VIII), traduction Tricot, les biens que nous poursuivons et qui peuvent nous rendrent heureux sont de trois sortes. Les biens extérieurs, qui ne dépendent pas de nous, les biens du corps et de l'âme, les biens de l'âme. Ces derniers seulement peuvent conduire à un bonheur authentique.