morale
Introduction.
La morale se nommait éthique pour les anciens et l'éthique la morale . Il y a eu une inversion de sens. Ce qui était un ensemble de règles propres à un domaine d'activité particulier ou bien à une société particulière est devenu un effort individuel pour s'améliorer dans les sociétés contemporaines.
Il convient en outre de préciser le champs particulier de la morale , en l'opposant ou en le rapprochant de celui de la technique, de celui de la science, de celui de la politique.
IL est clair que la morale n'est pas la science, car pour qu'une action morale soit possible, il faut qu'il y ait du changement. Nos actions sont imprévisibles, au moins dans leurs conséquences. La théorie que nous étudions montrera que malgré l'imprévu du futur, nous pouvons réussir une action en nous constituant un réseau d'habitudes qui nous raménera à ce que nous sommes fonciérement au lieu de nous en éloigner. La science au contraire ne porte pas sur de l'imprévu, du contingent, mais plutôt sur du nécessaire , sur ce qui ne peut pas être autrement qu'il n'est.
La morale n'est pas la technique, car cette dernière crée un objet extérieur et finalement indépendant de l'activité humaine, la première au contraire repose sur une action, qui ne distingue pas l'activité et la façon dont est menée cette activité. Les deux se rejoignent. Si j'agis de façon vertueuse, je deviens vertueux. Un ouvrier "vicieux" peut quand même réaliser un objet de qualité.On ne dit pas d'une action qu'elle est "commode",ni qu'elle est vraie, mais qu'elle est digne d'éloge ou qu'elle mérite le blâme. La morale en appelle à un niveau de précision qui est inférieur à celui de la science. On ne dit pas qu'une action est vraie ou fausse. Cepe,dant, l'homme qui agit paut manquer d'exactitude lorsqu'il fait un choix. Il peut mésinterpréter une situation en fonction de son tempérament naturel au lieu d'en envisager les conséquences de son choix avec lucidité et discrenement.La morale n'est pas la technique mais elle est accompagnée d'effets, elle n'est pas la science mais elle ne put se contenter d'une totale imprécision, elle n'est pas l'art même si elle peut laisser un exemple probant d'un effort humain qui fait date, elle n'est pas la culture même si les "moeurs" peuvent être l'objet d'un raffinement et d'un progrès; Seule compte la mobilisation d'un individu qui ne se contente pas de qui se fait, mais qui en fait quelquechose. La morale suppose que l'individu soit livre, qu'il ait une volonté accompagnée de raison, qui infléchisse positivement un comportement en fonction de deux qualités qui sont l'intelligence et le courage.
La morale suppose un certain sens pratique, un certain sens de la situation qui permette de la transformer.
I] l'éthique des anciens. Aristote Laquestion "quelle vie choisir " est peut-âtre désuète
un logiciel de connaissance de soi, répondre à un entretien d'embauche, aller consulter une voyante, résoudre un problème personnel avec une psychologue. Le rapport à soi est singuliérement morcelé, médiatisé, "technologisé".
Or, pour les anciens, la conduite de sa vie faisait partie des questions les plus spéculatives qui soient, ce n'est pas pas un jugement de valeur inspiré par on ne sait quel passéisme, mais un fait, la question du souverain bien était à l'horizon de sa vie, de même que les hommes de l'antiquité considéraient qu'ils faisaient leurs pas dans ceux des dieux.
Le rapport à soi faisait partie des questions les plus spéculatives. La question de savoir comment conduire sa vie était une des questions les plus importantes qui soient. A cet égard, la pensée des anciens se distribue selon plusieurs écoles.
L'origine de ce questionnement apparaît avec Socrate, au IVe siècle av jc, qui incarne un intellectualisme moral. Il se résume dans la formule "nul n'est méchant volontairement". Dans son apologie, Socrate se dépeint comme celui qui préfère subire le mal plutôt que de le commettre. Son principal souci est de rechercher la justice de son âme, la cohérence avec soi. Aussi bien, Socrate se dépeint comme un juste dans une société soumise à la corruption. Aristote était l'élève de Platon, lui-même celui de Socrate. Il est clair qu'Aristote ne sépare pas cette exigence de justice de celle qui est mise en oeuvre dans la société. Le sage n'est pas en guerre contre des institutions injustes, mais plutôt la vertu du citoyen sera produite par des lois justes et ces dernières n'ont de sens que si les citoyens sont eux-mêmes vertueux. La solution réside danc dans la possibilité d'une éducation morale de l'homme, qui lui fasse acquérir un caractère à l'aide d'une habitude acquise à l'aide d'une droite raison. Aristote va réconcilier l'éthiaque et la société. Le bon comportement repose sur une impulsion qui reste naturelle mais qui doit être corrigée et accomplie par un effort réitéré.
Contrairement aux cyniques grecs, tout ne repose pas sur la nature, la culture et la convention ne produisant pas forcément un orgueil démesuré que la tempérance morale d'Aristote aurait l'ambition d'éviter et que les paroles de Diogène rapportées par la tradition dénonce.
Contrairement aux stoïciens, la pensée d'Aristote préserve en partie la contingence de l'action humaine. Elle s'inscrit dans un horizon qui n'est pas celui d'un destin, où tout est rationnellemnent planifié. Les actions ne s'enchaînent pas nécessairement, en raison du caractère contingent du futur, la bataille navale peut ne pas avoir lieu demain. L'éducation morale permet une attitude devenue habituelle qui permet de résister aux imprévus de l'action. Chaque situation présentera une opposition entre des extrêmes contraires. Celui qui s'habituera à opter pour l'option la plus"modéré" saura devenir un sage, celui qui aura l'habitude d'opter pour un terme extrême deviendra un intempérant.